Hors-Champ
Par delà l'accompagnement spécifique à chaque client, il demeure des questions transversales, collectives, pour construire le cadre d'action qui soit plus stimulant et incitatif pour le passage à l'échelle des pratiques de régénération.
Au lHab, notre plus grande fierté aura été d'inspirer 5 jeunes entrepreneur(e)s qui ont su en tirer des projets à impact. Hors-Champ veut prolonger ces discussions informelles mais qui peuvent changer une trajectoire, en partageant nos réflexions, nos doutes, nos interrogations et les outils que nous pouvons mettre à disposition.

OUVRAGES
Changer les règles du jeu
Une trilogie parue aux Editions la Butineuse en nov. 2024. Les trois volumes se lisent séparément mais suivent une progression : comprendre, financer, transformer.

TOME 1
Mon assiette, miroir du monde
Notre histoire en tant qu'espèce humaine est intrinsèquement liée à notre alimentation, un facteur clé ayant façonné nos civilisations. Du développement de notre cerveau à la pandémie mondiale d’obésité ; des premières grandes civilisations de l’Antiquité à la métropolisation du monde aujourd’hui ; de l’apparition des échanges et de la monnaie au capitalisme globalisé… la manière dont nous avons organisé, en tant que société, la production, la transformation, la distribution, la consommation et l’élimination de notre alimentation, imprime notre manière d’habiter la Terre. C’est ce qui nous a permis de coloniser la plus grande partie des terres émergées, y compris les plus inhospitalières et de nous adapter dans des territoires extrêmement variés. Manger témoigne de nos rapports au temps, aux autres, à nos valeurs, à nos religions, à notre éducation, etc… mais aussi de notre organisation sociale. Nourrir ses populations est une question très politique. C’est assurer la stabilité sociale et celle du pouvoir, mais aussi libérer des surplus et des ressources (main d’œuvre, temps, énergie, capitaux, pouvoir d’achat…) pour alimenter la croissance économique. Le développement et la puissance des grands empires de l’Antiquité, des grandes Cités-Etats ou des métropoles industrielles sont tous liés à leur capacité à produire ou faire produire, acheminer et distribuer la nourriture pour nourrir des armées, des fonctionnaires, des prêtres, des artisans, des ouvriers ou des savants. Nos cultures politiques tout autant que nos régimes alimentaires reflètent les mondialisations ; la pomme de terre, le thé, le sucre ou le coton marquent encore aujourd’hui notre histoire et notre géographie politique. L’arrivée des énergies fossiles nous a permis de résoudre le dilemme malthusien : améliorer la productivité pour nourrir une population en croissance exponentielle. Mais elles auront profondément bousculé l’organisation de notre alimentation et, partant de là, celle de nos sociétés : c’est l’urbanisation des pays occidentaux, la marchandisation de l’économie, l’explosion démographique et « la grande accélération » des prélèvements sur les ressources et les écosystèmes. L’alimentation forme une sorte de double contrat social pour l’Humanité : avec la nature pour en extraire les ressources et pour notre modèle de développement. Fournir une alimentation sûre et diversifiée tout en en baissant sa part dans nos budgets et dans notre organisation du temps nous aura permis la plus formidable période de croissance économique, de Paix et de stabilité, de progrès sociaux, d’éducation et d’espérance de vie de toute l’Histoire de nos pays occidentaux. Alors que nous rentrons dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène, un monde plus instable et incertain, le modèle thermo-industriel globalisé de notre alimentation moderne est en passe d’en saper ce double fondement. Les grands enjeux d’aujourd’hui remettent singulièrement cette question sur le devant de la scène. Nous sommes passés de 1 à 8 milliards de personnes sur Terre au cours de ces 2 derniers siècles et nous devrions atteindre 9,7 milliards, dont 70% d’urbains en 2050. Nos systèmes alimentaires pourront-ils répondre à toutes ces promesses ? L’alimentation aura toujours une responsabilité particulière, lourde et exigeante, face aux enjeux du monde qui nous entoure : par construction, c’est la principale activité humaine qui touche à l’ensemble des limites planétaires : le climat, mais aussi les sols, la biodiversité, les cycles biogéochimiques de l’eau, de l’azote ou du phosphore, etc… Mais notre modèle actuel de production de masse pour une consommation de masse linéaire (prélever, manufacturer, transporter, consommer, jeter) prélève sur les ressources et rejette dans les écosystèmes bien plus que la Terre n’est capable de régénérer naturellement. La lecture de notre alimentation mondiale dessine de nouvelles lignes de fracture : non plus surconsommation dans les pays « riches » et sous-nutrition dans les pays en développement, mais bel et bien coexistence de populations en surpoids ou obèses et sous-alimentées au sein des mêmes espaces de vie. C’est particulièrement vrai dans nos sociétés occidentales qui voient les classes moyennes sombrer peu à peu dans ces deux facettes de la précarité alimentaire. Notre mauvaise alimentation risque aussi d'inverser pour la première fois depuis des siècles l'augmentation de notre espérance de vie et nous pourrions être intellectuellement moins développés que les générations de nos parents à cause des carences et déséquilibres alimentaires. Les autres grands perdants de cette lente agonie sont les agriculteurs eux-mêmes : course au productivisme, fragilisation économique, endettement, suicide, non renouvellement des générations… pèsent sur l’avenir du métier, des surfaces agricoles et des territoires ruraux, de notre capacité à mener les transitions nécessaires, voire notre propre capacité à nous nourrir souverainement. On voit apparaître des phénomènes systémiques d'accaparement des terres et la financiarisation du foncier agricole qui vient encore accentuer le fossé entre les pays ou les populations, avec des conflits, des migrations ou le basculement dans les trafics de drogue ou le terrorisme. Pour autant l'agroécologie, la bioéconomie et les solutions fondées sur la nature sont porteuses de bien des d'espoirs pour nous aider à reconstruire un monde qui soit non seulement viable, mais qui régénère les ressources et les écosystèmes. En repartant d’exemples concrets sur le terrain, on peut commencer à dresser le portrait d’une agriculture pourvoyeuse de solutions pour l’ensemble de nos activités économiques : l’alimentation, bien sûr, mais aussi l’énergie, la santé, les cosmétiques, la construction, les industries plastique ou automobile, l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les services urbains et environnementaux, les transports, l’extraction minière, l’inclusion sociale, et bien d’autres pans de nos sociétés… Cela dessine surtout des modèles de progrès fondés sur la collaboration et le partage ; de matière première, de financements ou de connaissances pour un monde en fin de compte plus décentralisé, fondé sur ses territoires, plus résilient face aux aléas, plus inclusif, plus innovant. En somme, un nouveau narratif pour un modèle de progrès qui nous permette d'affronter les grands défis planétaires sans être punitif, mais au contraire stimulant et incitatif.

TOME 2
La cuisine de la transition
A la convergence de tous les grands combats de notre époque, la transformation des systèmes alimentaires devient une question stratégique, tout autant écologique ou politique qu’économique, financière et de santé publique. Pour mener ces transitions, on ne peut pas dire qu’on ne sait pas faire : nous disposons de tous les outils ; scientifiques, agronomiques, économiques, financiers, politiques ou technologiques…. pour agir. Restaurer les écosystèmes, passer à l’agroécologie, déployer les solutions fondées sur la nature sont rentables si l’on raisonne en coûts complets. Les acteurs financiers commencent à s’y intéresser, les consommateurs se montrent prêts à payer davantage, des schémas économiques de rémunération pour services environnementaux sont en pleine croissance et de plus en plus matures… Néanmoins, ces nouveaux modes de financement ou de rémunération interrogent profondément le schéma traditionnel de revenu pour l’agriculteur et l’organisation des systèmes alimentaires actuels : ils appellent de nouvelles réflexions globales, intégrées sur la conduite de l’exploitation qui prenne en compte de nouvelles formes de débouchés ou de valorisations. Cela ouvre aussi de nouveaux champs de réflexion sur la gouvernance et le rôle de l’entreprise dans son environnement. Surtout, les expériences de terrain démontrent l’importance de la collaboration entre des acteurs d’horizons très différents pour mutualiser les financements, les risques, les expertises et les besoins. L’agriculture et l’alimentation est aujourd’hui un champ d’expérimentation « des possibles », sans doute le lieu où se construisent le plus de solutions inspirantes pour réorienter les modèles de production et les organisations face à l’adversité des enjeux économiques, sociaux ou environnementaux. Au fond, c’est bien de nouvelles gouvernances collaboratives dont nous avons besoin pour passer à l’échelle ces solutions. Les nouvelles technologies, comme la blockchain, la télédétection par satellite, la data, les fintech, l’intelligence artificielle ou même les low tech sont des outils formidables qui démontrent aux 4 coins du monde leur pertinence pour aider les acteurs à se bâtir de nouvelles représentations du monde, à décentraliser et coordonner l’action au plus près des acteurs de terrain ou pour accélérer la connaissance. Malgré ces outils et les moyens – considérables – dont nous disposons dès à présent, nous ne sommes pas en mesure de passer à l’échelle ces solutions. Car notre alimentation répond à des dynamiques systémiques fondées sur la polarisation des zones de production et de consommation, l’hyperconnectivité, la simplification des process, la concentration des acteurs, le découplage et la volatilité qui se déploient sur un tout autre rythme que les solutions innovantes de terrain. Cette organisation collective imprègne les modèles mentaux des acteurs en place : la représentation de la performance, le dilemme du prisonnier, la dépendance de sentier ou même les codes sociaux entre les décideurs verrouillent toujours davantage le système dans sa trajectoire destructrice. L'enjeu de la transformation de nos systèmes alimentaires pour nos civilisations n'est finalement pas tant économique, financier ou technologique que dans les impasses de notre organisation collective et de nos représentations. C'est bien l'ensemble du système, tel qu'il est conçu ; ses règles du jeu, son mode de fonctionnement, son carburant qui oriente nos comportements. C'est donc bien dans une logique intégrative, qui articule efficacement ces instruments ensemble, que peut s'envisager une transformation ; à l'échelle de l'exploitation, du territoire, de la filière ou même d’un pays tout entier. Autrement dit : on a moins besoin aujourd'hui d'innovation technique que d'innovation sociale ou organisationnelle pour faire face aux enjeux de demain, mais cela suppose de recréer un incitatif puissant qui aligne les comportements collectifs dans la même direction.

TOME 3
Manger, régénérer
Comment recréer un incitatif si mobilisateur qu’il puisse aligner les comportements de tous les acteurs – du producteur au consommateur, de l’Etat à la recherche scientifique – vers la régénération des ressources et des écosystèmes ? La monnaie peut jouer ce rôle. Elle permet au consommateur de s'engager activement dans la transition écologique sans altérer son pouvoir d'achat. C’est une approche inclusive et démocratique, incitative et non plus punitive pour chacun. Ce changement d'approche redistribue les cartes de la compétitivité entre les entreprises, favorisant celles qui réduisent leur empreinte, voire qui stockent du carbone, et pénalisant les autres. La monnaie-carbone intègre la régénération dans les modèles économiques, impactant les processus de décision, la gouvernance et les investissements. Ce concept de monnaie carbone dépasse largement le secteur alimentaire. Il invite à repenser notre rapport à la monnaie dans toutes les sphères de la vie économique, du paiement des impôts aux choix quotidiens, favorisant des décisions plus durables. C’est un instrument de la relocalisation des activités, de redynamisation des espaces ruraux, non plus comme des espaces naturels à (sur)exploiter pour alimenter les lointaines boulimies urbaines, mais comme lieux de services et d'innovation, comme un maillon fondamental des cycles et des chaînes de valeur. Produits alimentaires, énergies renouvelables, biomatériaux, économie circulaire, nouvelles technologies... mais aussi reconstruction des cycles de l'eau, protection des ressources, résilience face aux aléas, etc..., des activités désormais mieux financées pour recréer des appels de main d'œuvre qualifiée, de redévelopper des filières locales pour un développement endogène, fondé sur ses propres atouts : naturels, humains et patrimoniaux, en cherchant à maximiser les synergies plutôt que la division du travail et la recherche de gains de productivité. Changer de regard sur la monnaie, y intégrer la valeur « carbone » ouvre de nombreuses perspectives de transformations économiques et sociétales. La conférence de Bretton Woods a reconstruit un ordre monétaire mondial face à la montée des confrontations économiques et politiques entre les Etats. Les enjeux d'aujourd'hui n'en sont pas moins critiques et l'ensemble des États n'en sont pas moins revenus à des dévaluations compétitives transposées aux plans fiscal, social et environnemental. Malgré le succès de l'Accord de Paris en 2015, il n'existe à proprement parler aucun mécanisme international de coopération, de prescription et de soutien dans la transformation des économies. Un Bretton Woods III qui acterait l'existence de cette monnaie carbone complémentaire, en validerait les méthodologies, le prix de référence de la tonne de carbone et qui bâtirait le FMI du carbone tout en élargissant les missions de la Banque mondiale sur ces questions reposerait alors les bases du monde d'après.

Changer les règles du jeu, la trilogie
L'ensemble des trois volets: une progression pour de la réflexion pour une proposition ambitieuse comme point de levier pour faire basculer le système.
BLOG
Ce blog parle d’agriculture et d’alimentation.
...parce que c’est notre premier contact avec nos ressources et nos écosystèmes, 3 fois par jour, tous les jours de notre vie - ou presque -...
...parce que transformer la manière d'organiser notre alimentation est au cœur même des solutions et des transformations de nos modèles de progrès pour nos sociétés...
...parce que modifier son alimentation est le premier acte politique pour changer les choses dans le monde.
Mais pas que…
Parce qu’à travers notre alimentation, c’est bien de nous dont il est question ; nous, êtres humains de ce début de XXIème siècle, en tant qu’animaux biologiques qui avons des besoins primaires et en tant que sociétés qui devrons affronter des défis environnementaux encore jamais rencontrés dans toute notre Histoire.

Parce que derrière les défis de l’agriculture, c’est bien de notre modèle de société, notre modèle de progrès dont il est question ; des enjeux, des outils, des dynamiques de système, de la perte de nos repères collectifs pour affronter ensemble un monde en profondes mutations.
Repartir de notre alimentation peut nous aider à reconstruire de nouvelles boussoles, de nouveaux narratifs pour repenser l’économie et nos sociétés.
Ce blog n’est cependant pas un catalogue de recettes magiques toutes faites, prêtes à imposer : il ne s’agira pas ici de débattre sur le fait de manger bio ou arrêter la viande… sur le fait d’interdire les pesticides ou sur la puissance des lobbies… tous ces débats ne sont que des symptômes, visibles et importants, certes, mais les changements à mener sont bien plus profonds que ça !
Ce blog n’est pas non plus une vitrine commerciale pour mes livres, pour mes activités ni, surtout, pour les intérêts de qui que ce soit ! Audrey, François et moi serions évidemment ravis que vous embarquiez dans ce si fascinant voyage dans le monde que nous mangeons, que vous vous alliez plus loin dans vos propres réflexions sur l’impact de nos petits gestes quotidiens sur le monde.
Vous trouverez les résumés des 3 tomes et les liens sur ce blog. Je serai tout aussi ravi si votre organisation – entreprise, syndicat, collectivité, école… - sollicitait mes éclairages pour avancer vos propres réflexions ou imaginer des projets transformants. C’est mon activité et je ne m’en cache pas. Mais j’ai la chance de travailler de manière indépendante, lié à aucun intérêt et je m’exprime ici avec cette exigence. Ce blog ne perçoit aucune rémunération et reçoit encore moins de consignes éditoriales de qui que ce soit !
Alors si, vous aussi, vous voulez « converger pour l’action et les réflexions sur les processus économiques contemporains », si vous voulez « élaborer une économie alternative », pour reprendre les mots des anthropologues britanniques Jeffrey Pratt Peter Luetchford, je vous en souhaite une bonne lecture !
LE CALCULATEUR
Evaluer les coûts de l'inaction et la valeur de l'action
Face aux évènements climatiques extrêmes, aux bouleversements géopolitiques et de marché qui perturbent la production et les approvisionnements en matière première agricole, les entreprises sont mal outillées pour décider de la pertinence d'investir dans la régénération de leurs chaînes de valeur. Evaluer les coûts de l'inaction et la valeur de l'action est de toutes les discussions, mais reste bien trop cantonnée à des données macro-économiques, trop peu matérielles pour les enjeux propres des entreprises. le lHab a déployé l'analyse par les options réelles pour construire un calculateur qui permet à chacun de se figurer ses propres risques et leurs propres conséquences sur ses trajectoires financières à horizon 2030, 2040 et 2050.
CASH FLOW TRAJECTORIES
BUSINESS AS USUAL

2026
WITH INTERVENTION









